En avril 2010, la Cgt des privés d'emploi et précaires a été invitée par le mouvement des jeunes
socialistes de Lyon, pour débattre sur la question du logement. Nous avons évoqué la question du manque des logements sociaux, de la réquisition,
la difficulté voire l'impossibilité d'accès au logement pour les foyers modestes, les jeunes et les étudiants.
Des possibilités existent, le choix est politique.
Une mère de 7 enfants occupe le trottoir devant la banque CIC et entame une grève de la faim.
Notre syndicat s'est mobilisé. Il a pu entrer en contact avec le directeur de la banque et les pouvoirs publics et nous avons obtenu
l'assurance que cette famille ne soit pas expulsée.
Pour garantir cette parole nous avons sollicité notre avocat...
Article journal le progrés. Lyon, octobre 2008.
SUITE A L'OCCUPATION DE L'IMMEUBLE DU 100 COURS DU DR LONG, 2007.
La question du logement dans le Rhône est récurrente ;
la résistance, à la spéculation immobilière aussi.
La CGT qui avait quelque peu délaissé le terrain au profit de la lutte sur la politique salariale et les
conditions de travail, oh ! combien importantes au demeurant, a depuis l'explosion de la précarité,
réinvesti ce champ. Du moins pour une partie de la CGT.
A la fin de l'année 2005 , le syndicat CGT des Privés d'Emploi et Précaires / 69 dont les actions,
outre la lutte pour l'emploi, étaient jusqu'alors concentrées sur des conflits, les opposant aux administrations
(Anpe, Assedic, Caf, EDF, Impôts, Conseil Général etc.), a vu de nombreux privés d'emploi être
confrontés à la question du logement.
L'agglomération concentre en effet grand nombre de Rmistes de salariés pauvres, précaires,
chômeurs alors que le logement social y est pratiquement inexistant ( 48000 demandes sur le département du Rhône).
Les marchands de sommeil font alors office de bailleurs " sociaux" et le privée de logement palliatif, tellement
que le logement social est gangrené par le fric.
Accompagnant les chômeurs, le syndicat s'est rapidement rendu
compte de l'ampleur de la tâche. Familles de sans papiers réfugiés dans des appartements au plafonds crevés, des
rats dans la cage d'escalier, voire dans les appartements même, des peintures au plomb, absence de volets aux
fenêtres, fils électriques dénudés, fuites d'eau permanentes etc. Et encore la liste n'est pas exhaustive !
Des familles entières sont ainsi maintenues dans des taudis représentant de véritables dangers pour les enfants.
Quant à la rénovation immobilière, elle est un instrument de pression sur les petits propriétaires pour qu'ils se
débarrassent de leurs locataires et qu'ils revendent leur bien, n'ayant pas les moyens de faire les travaux eux-mêmes.
Le syndicat a constitué un petit noyau de mal logés au cours de l'année 2005, recueilli les témoignages,
réalisé des dossiers,
pris de nombreuses photos des logements dévastés et interpellé les responsables politiques (Mairie, Préfecture). Ce long et
patient travail n'a eu que peu d'effet, nous obligeant à définir de nouvelles formes d'action. Une manifestation rassemblant,
le 6 février 2007, 500 manifestants contre le mal logement, a parcouru la ville de Lyon jusqu'à la préfecture. Une autre le
10 mars rassemblant 300 manifestants avec la revendication " pas d'expulsion sans relogement", car le 15 mars reprennent les
expulsion locatives, la chasse à ceux qui ont la vie la plus dur est ouverte.
Puis devant le silence assourdissant des autorités, nous avons multiplié les occupations de logement vacants. écoutés, mais
jamais entendus, nous avons décidé de "prendre" un immeuble.
L'occupation du 100 cours du Docteur Long au 3ème arrondissement de Lyon et du 37 cours de la République à Villeurbanne avait deux objectifs :
le premier était d'attirer l'attention des autorités sur les familles mal logées et obtenir un relogement dans une habitation
décente,
à un loyer modéré et situé au centre ville ; le deuxième était de dénoncer la spéculation
immobilière et la chasse faite aux pauvres...
La crise du logement ne concerne pas seulement les chômeurs, mais de plus en plus les travailleurs précaires et les smicards, cur de
cible de la CGT. (Re)conquérir les travailleurs des petites entreprises, passe par la lutte pour un logement décent pour tous. La quasi
absence de débats sur cette question - la question des mal-logés ne soit plus l'affaire que des seuls "spécialistes".
Des outils existent (ex. dans notre organisation la commission logement départementale- UD).
Les comités d'entreprise qui peuvent s'approprier la question du 1% logement, et surtout de proposer des moments d'analyse et
de débat, et si il fallait démontrer, un enjeux de classe , la question du logement porte en elle une grande partie de notre
exploitation. Ensemble on peut y remédier une dynamique est engagée.
Le logement vu par un enfant de 5 ans
1.
2.
1. Camion de déménagement engagé par un huissier, pour une expulsion. L'ordre d'expulsion donnée par "Habitat humanisme..." et
la "Régie nouvelle".
2. Porte blindée par l'Opac du Rhône, pour empêcher les gens de se reloger. La location de cette porte coûte 150 euros par mois. Cela
Peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années...